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mercredi 5 novembre 2014

Saint Nimatullah Kassab al-Hardini (1808 - 1858)

Né à Hardine, au Nord du Liban, dans une famille maronite, composée de six enfants, dont le père Girgis Kassab de Hardine et sa mère Mariam Raad de Tannourine éduquèrent leurs enfants dans la religion chrétienne. Il est baptisé Youssef l'année de sa naissance. À Hardine, le jeune Youssef passa ses premières années d'enfance entre les monastères et les ermitages de son village, à savoir Saint Doumit, Saint Georges.

Influence monastique

Fils de l'Église maronite, Youssef ressent dès son enfance une attirance pour la tradition monastique de son Église, au cœur de la tradition syriaque du Patriarcat d'Antioche. Trois autres enfants de sa famille adoptèrent la vie monastique ou sacerdotale comme moyen de vivre leur baptême :
– Tanios devint curé de paroisse ;
– Élisée entra dans l'Ordre libanais maronite où il devint ermite pour 44 années ;
– Msihieh adopta la vie monastique dans le monastère cloîtré de Saint Jean Baptiste de Hrache.
Youssef entra en 1828 dans l'Ordre libanais maronite, à l'âge de vingt ans. Il prit alors le nom de Nimatullah (Grâce de Dieu).
Pendant son enfance, il avait fait connaissance des moines libanais maronites au monastère Saint Antoine de Houb (appartenant au même Ordre) pour ses premières années d'études.
Après ses études au monastère, il retourna chez son grand-père maternel Youssef Raad, curé du village de Tannourine, où il participait à l'Office divin au monastère avec les moines et à la paroisse avec son grand-père et d'autres paroissiens.
Il était aussi admiré par les musulmans1.

Vie religieuse

Dans l'Ordre Libanais Maronite, il est envoyé au monastère Saint Antoine de Qozhaya, à côté de la «Qadisha» ou Vallée Sainte, pour passer deux ans de noviciat, afin de s'initier à la prière communautaire et au travail manuel. Selon les Constitutions de l'Ordre, le novice doit apprendre les moyens d'acquérir la perfection selon l'Évangile du Christ.
Après sa profession monastique le 14 novembre 1830, il est envoyé au monastère Saint Cyprien et Sainte Justine à Kfifane pour étudier la philosophie et la théologie. C'est encore pour son habileté dans la reliure des manuscrits et des livres qu'il est remarqué, un métier qu'il avait appris durant son noviciat à Qozhaya. Durant ses études, à cause de l'ascétisme monastique et des études intensives mêlés aux travaux des champs, il tomba malade. Pour éviter la fatigue du travail des champs, son supérieur lui désigna le soin des habits de la communauté et il devint ainsi le tailleur de la communauté.
Au terme de ses études philosophiques et théologiques, il est ordonné prêtre en 1835 et devient directeur du scolasticat et professeur de théologie morale jusqu'à ses dernières années.

Activités extérieures

Il fonda à Kfifane et plus tard à Bhersaf l'école appelée autrefois « École sous le chêne » pour instruire gratuitement les jeunes de l'entourage du monastère.
Al‑Hardini va souffrir avec son peuple durant les deux guerres civiles de 1840 et 1845 qui vont préparer les événements sanglants de 1860 où beaucoup de monastères vont être brûlés, des églises détruites et des chrétiens maronites massacrés. La situation civile du Liban sous le régime turc a été aussi difficile que celle de l'Église maronite.

Assistant général

Nimatullah est nommé par le Saint-Siège, en 1845, Assistant Général de l'Ordre pour un mandat de trois ans.
Homme de culture, il insiste auprès du Père Abbé Général pour que des moines soient envoyés pour approfondir leurs études au nouveau collège des Jésuites fondé à Ghazir. Sept moines furent ainsi envoyés pour ensuite assurer la continuité d'un enseignement approfondi au Scolasticat de l'Ordre.
Il passe deux années (1848 - 1849) de vie communautaire au monastère Saint-Maroun d'Annaya et à Saint-Antoine de Houb. En 1850, il est reconduit dans son mandat d'Assistant Général.
En 1853, il retourna à Kfifane pour enseigner la théologie morale.
En 1856, pour la troisième fois, il est nommé Assistant Général. Il avait refusé à tout prix d'être nommé Père Abbé de l'Ordre: «Plutôt la mort que d'être Père Général de l'Ordre». Son humilité se manifeste dans sa conviction d'être incapable de ce perpétuel contact avec Dieu qu'il retenait nécessaire pour ce service des moines de son Ordre.
Il réside alors avec les autres assistants autour du père général au monastère Notre-Dame de Tamiche, la maison généralice de l'Ordre, sans cesser de se rendre au monastère de Kfifane soit pour l'enseignement soit pour le travail de reliure des livres, spécialement les manuscrits liturgiques.
Comme professeur, il eut parmi ses élèves saint Charbel Makhlouf qui fut au scolasticat de 1853 jusqu'à 1859 et qui assista à la mort de son maître.
Au mois de décembre 1858, il attrape une pneumonie causée par le froid glacial de l'hiver dans cette région. Après 10 jours d'agonie, il meurt le 14 décembre.

Citations

On lui attribue ces paroles : « Le premier souci d'un moine doit être, jour et nuit, de ne pas blesser ou affliger ses confrères ».

Procès de canonisation

Sa cause de béatification fut présentée à Rome en 1926, avec celle de saint Charbel Makhlouf (béatifié en 1965 et canonisé en 1977) et celle de sainte Rafqa, moniale libanaise maronite (béatifiée en 1985 et canonisée en 2001). Nimatullah fut proclamé Vénérable en 1989, Bienheureux en 1998 et canonisé par le pape Jean-Paul II le 16 mai 2004.
SOURCE:
Wikipedia

Vie de Saint Charbel Makhlouf, 1828-1898


Le bienheureux Estephan Nehmeh

Le bienheureux Estephan Nehmeh
moine de l'Ordre Libanais Maronite
Né en 1889, il entre en 1905 au monastère des saints Cyprien et Justine, à Kfifane et prononce ses vœux en 1907...
Il vécut 30 ans de vie religieuse, frère ouvrier, il travaillait dans les jardins des monastères et avait acquis des connaissances de menuisier et de maçon.
Estephan Nehmeh - Ordre libanais maronite Il a marqué de sa présence tous les monastères où il a vécu. Il entreprenait son travail dans un esprit monastique chrétien et humain. L’empreinte qu’il a laissée demeure vivace jusqu’à nos jours.
(Ordre libanais maronite - maison de frère Estephan)
"le frère Estephan Nehmé, le Léhfédiote, était un frère convers actif, zélé dans l’intérêt du monastère, ayant une constitution forte, un organisme sain, paisible, loin des querelles, tempéré, expert en travaux manuels, s’acquittant de ses obligations et observant ses vœux,  accomplissant tout ce qui lui a été confié de façon impeccable" (monastère des saints Cyprien et Justine, sanctuaire de saint Nimatullah El-Hardini et du bienheureux frère Estephan Nehmé, à Kfifane)
Spiritualité de frère Estephan:
Il ne cessait de répéter: 'Dieu me voit'.
Il s’est distingué par sa présence silencieuse qui reflétait sa vie dissimulée avec le Christ. Il vivait avec patience ses peines,  bien qu’il n’ait jamais été malade! Il jouissait d’une forte construction corporelle, il ne demandait qu’à vivre en présence du Seigneur qui voit tout! Cela se reflétait en vivacité dans son travail. Il était prudent, juste, donnant à chacun son droit. C’est pourquoi il a gagné le respect et l’amour de tous ceux avec qui il  travaillait. C’était un homme de prière et un disciple de la terre qui lui était une école de sainteté et une source de spiritualité. Il connaissait l’importance de la terre et sa vraie valeur. Il s’est appliqué, jusqu’à pétrir la terre par la sueur de son front. Il s’efforçait avec acharnement pour atteindre l’échelle de la perfection monastique, pour rencontrer la Lumière de la Parole éternelle. Sa vie reflétait une maxime libanaise célèbre 'un laboureur satisfait est un Sultan caché'. Il se levait avant la pointe de l’aurore, pour prier et travailler, prenant l’exemple de Jésus Christ, notre Maître et Seigneur. Son visage reflétait l’innocence, la sagesse, la paix et l’amour. Les yeux brillaient de la lumière de l’Evangile et de la foi. Son sourire lumineux ne quittait jamais ses lèvres.
Son cœur doux était fort comme les rochers, il était tendre plein d’amour, de pitié, d’affection et de générosité. Silencieusement, il contemplait les épis de blé et les fruits des champs. A chaque fois qu’il regardait le soleil, il aspirait au bonheur rayonnant de la face du Christ dans toute sa gloire et sa bonté splendide et il élevait sa vie de pierre en pierre sur une base solide comme il pavait les pierres des champs
.

Béatification du Vénérable Frère Stephan Nehme, Moine Libanais Maronite, 27 Juin 2010, monastère des Saints Cyprien et Justine – Kfifan, cérémonie de Béatification présidée par Mgr. Angelo Amato préfet de la congrégation des causes des saints. (Ordre Libanais Maronite)